À l'aube, début de l'opération Merkur. L'objectif des Allemands
est de s'assurer le contrôle des aérodromes de l'île et d'appuyer
l'
Afrikakorps de
Rommel en Afrique du Nord.
Les Allemands engagent deux divisions et 22 000 hommes.
L'assaut aéroporté est assuré par la 7e Division de parachutistes
du général d'aviation Wilhelm Suessmann, qui sera tué durant l'assaut
initial. La conduite de l'ensemble des opérations sera confiée le 22 mai
au général Julius Ringel, commandant de la 5e Division de montagne.
Ce dernier dispose de 150 bombardiers en piquée Ju-87 Stuka,
280 bombardiers moyens d'altitude Do-17, Ju-88 et He-111,
239 chasseurs Bf-109, 500 trimoteurs de transport Ju-52/3 m
et 72 planeurs, chargés de l'assaut aéroporté.
La Crète est placée sous le commandement du général néo-zélandais
Bernard Freyberg. Sa défense est assurée par 32 000 hommes
du Commonwealth et 10 000 soldats grecs. Les Britanniques
disposent de trois aérodromes: Réthymnon, Héraklion (Candie)
et Malémé (La Canée), de deux bases navales: Suda et Mirabella.
Ce qui restait de l'aviation s'est replié en Afrique du Nord.
La défense antiaérienne est assurée par 68 pièces d'artillerie,
échelonnée sur les 260 km de côtes de l'île.
5h30. Violent bombardement allemand sur les aérodromes
de Malémé et de Candie, et dans la baie de Suda.
7h15. Nouvelle attaque aérienne de la
Luftwaffe.
Le but est d'immobiliser les Britanniques.
Cet objectif sera pleinement atteint.
8h. Après ce second bombardement, arrive la première vague
de parachutistes allemands à bord de Ju-52 et 72 planeurs.
Les défenseurs alliés ont l'impression de voir des "petits ballons
qui descendent du plafond d'un salon à la fin d'une fête".
Ils n'abattent que 7 avions de transport.
En effet, les parachutes des Allemands sont de toutes les couleurs!
Rose et violet pour les officiers, noir pour les sous-officiers
et les soldats, jaune pour le matériel du service de santé,
blanc pour les armes et munitions.
Arrivés à terre, les parachutistes allemands ont l'ordre de
se rassembler par groupes constitués chacun d'une vingtaine
d'hommes, équipé d'un mitrailleuse MG-42, de deux snipers
(tireurs d'élite) doté de fusils spéciaux Mauser,
et d'une mitrailleuse légère Solothurn.
Des éléments spéciaux sont munis d'armes antichars légères
de petit calibre, de lance-flammes et de mortiers.
Les paras allemands sont largués au-dessus de Malémé et sur les régions
de La Canée, Réthymmon et Candie. En l'air, ils constituent une cible
parfaite pour les défenseurs britanniques et leur payent un lourd
tribut. Le groupe principal allemand attaque sans succès la presqu'île
d'Akrotiri, qui domine La Canée et la baie de Suda.
L'après-midi, une seconde vague allemande se présente, mais les avions
de transport, au lieu de voler en formation serrée, arrivent par petits
groupes. En raison du retard des parachutistes, les avions de chasse
qui escortent les Ju-52 sont contraints de regagner leur base avant
l'heure prévue d'arrivée sur l'objectif. Ce contretemps facilite
la tâche des défenseurs britanniques.
Le soir, les aérodromes de Malémé, Réthymmon et Candie sont toujours
aux mains des Britanniques, et les Allemands ont subi de lourdes pertes.
Comme les défenseurs ne contre-attaquent pas durant la nuit,
les Allemands en profitent pour concentrer leurs efforts sur
le terrain d'aviation de Malémé, dont ils finissent par s'emparer.
Les premiers convois de troupes alpines peuvent alors quitter le Pirée
et le port de Salonique, escortés par des torpilleurs italiens.
Le premier convoi subit des pertes graves, le deuxième change
de cap, les autres arriveront à Milos le soir du 21 mai.
Au total, les Allemands perdent durant cette journée 297 hommes.