Par un vote favorable du Sénat américain,
soixante voix pour et trente-et-une contre, le Congrès approuve
le projet de loi Pret-Bail (Lend-Lease Act).
Après le vote de la Chambre des Représentants, le 8 février, la loi
Prêt-bail est adoptée par la classe politique américaine et entre
immédiatement en vigueur.
Cette loi permet au président Franklin Delano
Roosevelt, de "vendre,
transférer, échanger, prêter ou céder n'importe quel matériel de
guerre pour le bien des pays dont la défense est estimée vitale
pour celle des États-Unis."
La première nation à en bénéficier immédiatement est bien sûr la
Grande-Bretagne, qui reçoit des vedettes lance-torpilles et des
destroyers d'escorte.
De 1941 à 1945, les prêts américains s'éleveront à cinquante
milliards de dollars, permettant la livraison d'armes, de matières
premières, de denrées alimentaires, de carburants à trente-huit
nations différentes.
Le plus gros client sera la Grande-Bretagne, qui recevra à elle
seule 31 milliards de dollars. Puis suivent, en ordre d'importance,
l'Union Soviétique (6 milliards), l'Australie (2.5 milliards),
la France (2 milliards), les Pays-Bas, la Belgique, la Norvège,
le Danemark, le Mexique, la Chine, le Brésil, la Nouvelle-Zélande,
l'Afrique du Sud, etc...
L'instigateur de cette loi, unique au monde, est le président des
États-Unis lui-même.
Il affiche ainsi clairement son hositilité à l'égard des Nazis et
l'appui aux nations alliées.
L'Amérique devient véritablement "l'arsenal des démocraties".
Roosevelt a de plus toute latitude pour désigner les nations devant
bénéficier de l'aide, et en fixer la nature et le volume. Un sénateur
résume la loi en ces termes: "Si j'ai bien compris, cette loi permet
le transfert du cuirassé Texas à l'Union Soviétique."