Chef de la Gestapo de Lyon
1913 — 1991
À retenir
Klaus Barbie — Chef de la Gestapo de Lyon. Membre du SD (service de renseignement) de la SS depuis 1935, il adhéra au parti nazi en 1937. De 1940 à 1942, avec le grade d'Obersturmführer SS, il fut nommé aux Pays-Bas où il dirigea les rafles de juifs à Amsterdam (Pays-Bas).
Jeunesse et formation
Klaus Barbie naît le 25 octobre 1913 à Bad Godesberg, près de Bonn, en Allemagne. Son parcours le conduit à exercer la fonction de chef de la gestapo de lyon, dans un contexte profondément marqué par les crises politiques et militaires de la première moitié du XXe siècle.
Parcours avant-guerre
Membre du SD (service de renseignement) de la SS depuis 1935, il adhéra au parti nazi en 1937.
Seconde Guerre mondiale
1939–1941
De 1940 à 1942, avec le grade d'Obersturmführer SS, il fut nommé aux Pays-Bas où il dirigea les rafles de juifs à Amsterdam (Pays-Bas).
1942–1943
Après la prise en main des polices allemandes en France par Oberg (fin mai 1942), et l'invasion de la zone Sud, le 11 novembre 1942, il fut nommé chef de la section IV du Sipo SD de Lyon, section spécialement chargée de la recherche, de la répression et de la lutte contre la Résistance. Responsable de la déportation de centaines de juifs, il fit également arrêter et torturer de nombreux résistants, dont Jean Moulin et sept autres responsables de l'armée secrète, le 21 juin 1943 à Caluire.
1944–1945
À la tête de la Gestapo, qu'il dirigea jusqu'en 1944, avec le grade de Hauptsturmführer, il s'acquit le surnom de « boucher de Lyon » pour la férocité avec laquelle il dirigeait les interrogatoires. Jusqu'au 27 août 1944, il fit régner la terreur dans toute la région lyonnaise, commandant des centaines de déportations (comme celle, le 11 août, de 650 Lyonnais dont 200 juifs) et ordonnant des exécutions collectives (Rillieu-la-Pape, Saint-Genis-Laval,…). Après 1945, en fuite, il fut à deux reprises (1947 et 1952) condamné à mort par contumace par des tribunaux militaires français.
Reconnu coupable des 17 crimes contre l'humanité qui avaient été retenus par l'accusation (tortures, exécutions sommaires, déportations — dont celle, le 6 avril 1944, de 44 enfants juifs et de 7 adultes de la maison d'enfants d'Izieu qui seront exterminés à Auschwitz —, il fut condamné, le 4 juillet 1987, à la réclusion criminelle à perpétuité.
1939–1945
Le triste bilan qui lui est attribué pour la seule région de Lyon est de 10 000 arrestations, 1 046 fusillés, 6 000 morts ou disparus.
Fin de guerre et après-guerre
Réfugié en Amérique du Sud, il prit en 1957 la nationalité bolivienne sous le nom de Klaus Altman. Poursuivi en vertu du caractère imprescriptible des crimes contre l'humanité, il fit en vain l'objet de plusieurs demandes d'extradition de la part de la France et de l'Allemagne fédérale. Expulsé finalement vers la France en février 1983 par le gouvernement de H. Siles Suazo, il fut jugé par la Cour d'assises du Rhône (11 mai - 4 juillet 1987).
Enfermé au fort Montluc, il y mourut le 25 septembre 1991.
Héritage et mémoire
L’étude de Klaus Barbie permet de comprendre que la dictature nazie ne reposa pas sur Hitler seul. Elle fonctionna grâce à des responsables politiques, policiers, judiciaires, économiques et administratifs qui transformèrent l’idéologie en décisions concrètes, en persécutions et, pour certains, en crimes de masse.
Sources
- Mémorial de la Shoah — Le procès Barbie
- United States Holocaust Memorial Museum — Holocaust Encyclopedia
- Robert S. Wistrich, Who’s Who in Nazi Germany, Routledge.